Maintien des salons d'Automne : les professionnels réfléchissent sur la position à adopter

Après avoir tous vécus un confinement forcé, la vie reprend progressivement son cours et parmi les sujets importants à traiter se pose la question de sa présence ou participation aux salons nautiques d'automne de Cannes et La Rochelle. Un dossier pris au sérieux, car générateur de dépenses, mais aussi d'affaires.

Comme à son habitude, la saison nautique 2021 devrait s'ouvrir par le Cannes Yachting Festival (du mardi 8 au dimanche 13 septembre 2020), puisque début juin les organisateurs ont annoncé le maintien de cet événement, suivi en France du Grand Pavois à La Rochelle (de mardi 29 septembre au dimanche 4 octobre 2020).

Avant de connaitre les prochaines annonces gouvernementales sur les règles à respecter dans ce type de manifestation, BoatIndustry s'est rapproché de quelques professionnels du nautisme pour connaitre leurs sentiments sur une éventuelle présence ou participation à l'événement cannois.

Rattraper le temps perdu et préparer la nouvelle saison.

La fin de période de confinement nous replonge tous dans un quotidien social et professionnel avec ses contraintes (distanciation, désinfection…). L'été arrivant à grands pas, l'obligation de chacun est de rattraper le temps perdu pour répondre aux sollicitations du marché grâce à cette liberté retrouvée. Par habitude, cette période printanière est aussi l'occasion de préparer la rentrée de septembre et en particulier les salons dits d'automne.

Salon nautique de Cannes 2019
Salon nautique de Cannes 2019

Un questionnement logique

D'une façon générale, trois questions récurrentes reviennent au sujet du Cannes Yachting Festival :

  • Ce salon est international. Quelle va donc être l'attitude des étrangers qu'ils soient visiteurs ou exposants ?
  • Comment gérer la promiscuité dans les allées ?
  • Quelles seront les procédures à respecter avant pendant et après une visite ou essai de bateau ?

Cela n'empêche pas, les acteurs du sud de la France d'être de fervents défenseurs du maintien de cet événement devenu incontournable.

Être présent à Cannes sous certaines conditions

Nicolas Benveniste président de Servaux à Marseille précise : « en termes d'affaires le salon de Cannes est essentiel. Une part importante de nos clients viennent, les fournisseurs et fabricants souhaitent son maintien », et il confirme : « si Cannes a lieu, j'y vais ! »

Paradoxalement, certains fabricants de bateaux étrangers affirment d'ores et déjà que le salon n'aura pas lieu, propos venus aux oreilles de Thierry Nanique de MD Boat aux Issambres, alors que l'intéressé confirme l'intérêt de l'événement pour les affaires.

D'autres ont validé leur participation moyennant des garanties en cas de report ou annulation de l'événement tel que Lomac : « Après s'être beaucoup posé la question et même si nous nous la posons encore en raison des engagements financiers liés aux échéances de paiement », rapporte Pierre Carpentier responsable commercial pour la France qui insiste sur le fait que beaucoup trop de points restent flous pour se projeter dans la préparation du salon.

Enfin certains comme Frank Hillen, distributeur des semi-rigides Brig pour la France est plus dubitatif quant à sa participation aux salons d'Automne : « Les salons sont déjà chers, faut-il encore y participer. Il y aura moins de visiteurs et si la fréquentation diminue, quel sera le retour sur investissement ? Pour valider son inscription, il faut verser un acompte et je n'ai pas envie de le perdre, même si je suis prêt à y participer. »

Le nouveau bassin réservé aux voiliers à Cannes 2019
Le nouveau bassin réservé aux voiliers à Cannes 2019

Imaginer un modèle différent pour des budgets limités

Pour l'avenir, Frank Hillen imagine qu'un retour à des salons locaux avec une organisation légère reste la solution économique la plus rentable. Comme le dit Jérôme Caillaud LBC Nautic à La Baule : « Je me pose la question si la crise actuelle n'offre pas l'occasion de tenter des choses différentes plutôt que maintenir des événements sans savoir si la clientèle sera au rendez-vous ni connaître les conditions sanitaires qui seront imposées. » N'est-ce pas le moment où jamais de se lancer ?

Limiter les frais pour rentabiliser son investissement

En synthèse, participer à un salon tel que Cannes a un coût non négligeable. Beaucoup de questions sur l'organisation et la participation restent en suspens. Le nerf de la guerre est bien de ne pas dépenser de l'argent inutilement, risquant de mettre à mal la trésorerie déjà largement affaiblie par la crise.

L'incertitude est de mise, même si un léger vent d'optimisme souffle. Mais le mot d'ordre est de limiter les prises de risques inutiles et de s'assurer un retour sur investissement malheureusement difficilement évaluable.

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