Interview / Le chantier Florance surfe sur la réussite du dériveur Patapon

P4 du chantier Florance

Jean-Jacques Pont nous explique l'aventure du chantier naval Florance et son évolution du monotype de Chatou en strip planking au dériveur moderne en CP-Epoxy.

BI : Pouvez-vous nous expliquer à quelle occasion a été créé le Chantier Naval Florance ?

J-J Pont : J'ai créé chantier naval Florance il y a 10 ans, en juin 2006. L'objectif initial était de relancer le monotype de Chatou, série dessinée pour la Seine en 1901 par François Texier. J'ai réalisé le premier par la méthode du strip-planking, puis en ai tiré un moule. Malheureusement, si le bateau a eu un réel succès d'estime, aucun n'a été vendu.

BI : Comment l'expliquez-vous ?

J-J Pont : En 2007, l'on arrivait selon moi à la fin d'une décennie où le néo classique avait la cote. Les achats évoluaient. Ceux qui avaient les moyens d'acheter un tel bateau préféraient s'offrir autre chose, mais plus gros.

Monotype de Chatou

BI : Quelle a donc été la suite de l'histoire ?

J-J Pont : J'ai lancé la construction d'un 12 m² du Havre, toujours en strip-planking, mais cette technique est difficile à vendre en France, étant donné les nombreuses heures de main d’œuvre nécessaire. En plus, la crise de 2008 s'est invitée...

Parallèlement à la construction neuve, but initial du chantier, j'ai développé l'activité de réparation. Il s'agit principalement de petites unités en bois comme des bélouga ou des caravelles. Actuellement elle représente 80 % de l'activité, même si j'entends inverser la tendance.

BI : 2014, année du changement ?

J-J Pont : En effet, en 2014, je lance le Patapon, premier dériveur en CP-Epoxy du chantier, conçu avec Jean-Marc Nourry et sa société Viteo pour la carène. La technique du cousu collé permet de construire rapidement avec une bonne solidité. De plus, les chantiers de série ont donné une bonne image du contreplaqué. Si ça marche pour un bateau de voyage, c'est bon aussi pour un dériveur.

BI : Vous avez aujourd'hui deux modèles, vendus en kit ou barre en main. Quelles sont les proportions ?

J-J Pont : En effet, après le Patapon en 2014, j'ai lancé le P4 en 2015. Il y en a eu 5 de construits en 1 an et demi. La proportion entre le kit et le bateau fini est de 50 / 50%.

BI : Quels sont les projets à venir ?

J-J Pont : Poursuivre les bateaux existants, mais aussi lancer un petit modèle sur le programme de l'Optimist pour le Grand Pavois. Un solitaire de 5.5 m et un double de 4.5 m, toujours en CP Epoxy sont dans les cartons pour la fin de l'année. Comme je suis seul au chantier, les dates dépendront aussi des projets.

Côté navigation, on devrait retrouver les 5 P4 construits au rendez-vous de l'Erdre. Une belle vitrine pour le chantier.

 

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