Interview / Nicolas Hénard : " Il faut créer un écosystème entre la FFVoile et l'industrie nautique."

Nicolas Hénard, candidat à la présidence de la FFVoile

Nicolas Hénard, candidat à la présidence de la FFVoile, répond à nos questions. Partenariats avec l'industrie, formations, licences...

Double médaillé d'or en Tornado et élu au conseil d'administration de la FFVoile depuis 2013, Nicolas Hénard, 52 ans, dirige une entreprise de courtage en assurance. Il est aujourd'hui candidat à la présidence de la fédération face à Jean-Luc Denéchau pour le scrutin du 25 mars 2017. Il répond aux questions de Boatindustry.fr sur son projet, plus particulièrement en direction des professionnels. Le reste des échanges est disponible sur Bateaux.com.

Les clubs de voile comptent de nombreux salariés. Que proposez-vous pour ces professionnels de la voile ?

Il faut une offre de formation continue pour les cadres des clubs. Arrivés à 40 ans, nombre d'entre eux sont fatigués physiquement et moralement et se sentent scotchés dans leur job. Il faut repenser la mobilité professionnelle et montrer qu'une autre vie est possible. Pour cela, la fédération a un rôle d'oxygénation des neurones, en proposant des passerelles vers d'autres secteurs.

Mais au-delà de cette reconversion, il faut améliorer les conditions de travail des salariés des clubs de voile. La santé des moniteurs passe par le matériel et l'information. Il faut faire plus de sensibilisation aux risques, notamment du soleil pour la peau, et diffuser les bons gestes pour éviter les blessures et les risques de cancer de la peau. La FFVoile doit également travailler sur l'ergonomie des bateaux et des outils de manutention, réfléchir aux moyens à mettre à disposition des clubs, plutôt que des kits de promotion.

Quelles actions souhaitez-vous mener avec les industries nautiques françaises?

Aujourd'hui, il faut créer un vrai écosystème entre la FFVoile et l'industrie nautique, ainsi que tous les acteurs de la mer. Des contacts ont déjà été pris avec les grands acteurs, comme la Marine Nationale ou des industriels, pour lancer des réunions régulières. Il faut profiter les uns des autres au bon sens du terme. Voici déjà quelques axes de travail à proposer aux professionnels.

En proposant la course au large aux Jeux Olympiques, avec par exemple un tour de Corse au départ de Marseille, si la candidature de Paris 2024 est retenue, c'est l'ensemble de la filière française qui est promue.

Je souhaiterais également repenser un bateau collectif avec les constructeurs de voilier français, à l'image du First Class 8 à son époque. Facile d'accès, avec un gréement variable pour s'adapter à tous les niveaux, un large tableau arrière pour s'ouvrir au handivoile, il permettrait la promotion de notre sport et serait une opportunité pour l'industrie en France comme à l'étranger.

Les bateaux de sécurité n'ont pas évolué depuis des années. Réfléchir à une propulsion propre, un bateau plus léger, sont des objectifs conformes à l'époque et à la santé des cadres des clubs de voile.

Le système des licences est aujourd'hui mis en cause par certains clubs. Quelles sont vos propositions ?

Aujourd'hui, l'objectif est que les gens poussent la porte des clubs. Pour cela, il ne faut pas immédiatement les massacrer avec une licence. Elle viendra naturellement dans un deuxième temps. Il faut être malin, discuter d'abord, la licence vient après. En remettant en valeur le rôle du club dans l'accompagnement et la sécurisation de la pratique de la voile, en créant de la convivialité et en proposant des modes de licence différents, on peut augmenter le nombre de membres. Sur 3,5 millions de pratiquants de la voile aujourd'hui, 500 000 sont membres de clubs et 300 000 licenciés. L'objectif est d'atteindre 1 million dans les clubs et 500 000 licenciés en 2020.

Vous souhaitez réformer le mode d'élection. Quelles sont vos propositions ?

Je le réforme complètement. Il est aujourd'hui opaque et complexe. Les grands électeurs choisis en élection de ligue n'ont pas d'obligation de vote et les clubs se désintéressent car ils ont l'impression de ne pas pouvoir faire entendre leur voix.

Je propose donc un vote direct des clubs, avec un poids au pro-rata du nombre de licenciés, dans un scrutin de liste, de manière à obtenir une équipe cohérente, élue sur un programme.

En plus de cela, je propose une consultation des licenciés sur un mode référendaire pour les grandes orientations de la FFVoile.

Avant tout, pour ces élections, je veux dire aux gens : allez voter, soyez présents dans les ligues, pour que chacun donne son avis.

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