Interview / Boat Club de France : "La 1ère saison a validé le concept"

Bruno Voisard, fondateur du Boat Club de France

Bruno Voisard, président du Boat Club de France, revient avec BoatIndustry sur les enseignements de la première saison estivale : clientèle, exploitation, développement...

Bruno Voisard, ancien directeur de Nautitech, a lancé au printemps 2017 le Boat Club de France, une structure permettant à ses membres de naviguer à partir de différents ports sur les bateaux du club, moyennant un ticket d'entrée et une cotisation annuelle. La formule se présente comme une solution à mi-chemin entre propriété et location. Après une première saison nautique estivale, Bruno Voisard a accepté de faire un premier bilan avec BoatIndustry.

Pouvez-vous nous donner quelques chiffres pour situer le Boat Club de France aujourd'hui ?

Bruno Voisard : Cette première saison de lancement était volontairement modeste et les chiffres ne sont pas nécessairement significatifs, mais ils donnent une tendance. Le Boat Club de France regroupe aujourd'hui 25 membres qui peuvent naviguer sur 7 bateaux, à partir de La Baule, Piriac ou Pornic. La flotte est composée de semi-rigides Highfield et Zodiac ainsi que de coques open type Cap Camarat.

En tant que gérant, que retenez-vous de ce premier été d'exploitation ?

J'ai eu une longue expérience en location et ce qui marque en premier est la différence de comportement. Sur l'été, je n'ai eu aucune casse sur les bateaux, alors que le ratio en location est de l'ordre d'un dommage toutes les 3 sorties. Pour les membres, il s'agit de leurs bateaux. J'ai même eu un appel d'un membre qui cherchait le tuyau pour nettoyer le bateau, je n'ai jamais eu ça en location ! Nous étions partis sur l'idée de n'avoir que des bateaux neufs, mais certains adhérents débutants, même s'ils en prennent soin, préfèrent prendre la barre d'un bateau qu'ils n'aient pas peur de rayer. Les bateaux de propriétaires, plus anciens, répondent à cette demande.

L'autre différence est le nombre de sorties. Chaque membre est sorti une dizaine de fois cette été, soit plus qu'un propriétaire moyen.

En terme économique, qu'est-ce que le modèle apporte par rapport à la location?

Pour le gestionnaire, un Boat Club revient moins cher que des clients en location. On passe plus de temps en amont pour expliquer le fonctionnement et sortir avec le membre. En revanche, il n'y a plus à faire d'état des lieux par la suite ou de paperasse à chaque sortie. Le contrôle du bateau se fait sans lui donc plus vite. Le soin apporté au matériel réduit également le coût.

Qu'en est-il de l'aspect club et de la relation entre et avec les membres ?

Il y a un vrai aspect de transmission. J'ai par exemple pu accompagner un membre qui venait d'avoir son permis, ou dispenser une petite formation à la pêche au bar. Nous sommes un maillon de transmission qui trouve sa place après les bateaux-écoles. Les échanges ont aussi lieu entre les membres sur les pontons.

Port de Pornic

Quels sont les développements à venir ?

Nous avons déjà validé au moins 10 bases supplémentaires pour l'année prochaine, en Manche, en Atlantique et en Méditerranée. Les ports sont intéressés à nous accueillir car cela crée de la vie et de l'activité économique, même si il y a plus d'utilisateurs par bateau. Un accord a par exemple été passé avec la Compagnie de Ports du Morbihan.

Nous allons également lancer un sondage au niveau français pour identifier les plaisanciers intéressés. A partir de 10 prospects sur un port, nous ouvrirons un Boat Club.

Il n'y a pas de voile aujourd'hui au Boat Club de France. Est-ce à l'ordre du jour ?

Nous souhaitons lancer la voile à travers des petits sportboats, facile à nettoyer et à gérer. Les habitables sont plus difficiles à gérer dans notre modèle. Nous devons de toute façon réfléchir à la voile, car certains ports partenaires ne sont prêts à attribuer des places qu'à des flottes mixtes voile et moteur.

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