Garmin clôt l'exercice 2025 sur des niveaux d'activité inédits, portés notamment par l'électronique marine, mais la lecture détaillée des marges et des segments apporte des enseignements utiles pour les industriels de la plaisance.
Des résultats consolidés en hausse
Au quatrième trimestre clos le 27 décembre 2025, Garmin enregistre un chiffre d'affaires de 2,12 Md$, en hausse de 17 % sur un an. Le résultat opérationnel progresse de 19 % à 614 M$.
Sur l'ensemble de l'exercice 2025, le chiffre d'affaires consolidé atteint 7,25 Md$, soit +15 %. Le résultat opérationnel s'établit à 1,88 Md$, avec une marge opérationnelle de 25,9 %, contre 25,3 % l'année précédente.
La marge brute du quatrième trimestre ressort à 59,2 %, quasiment stable par rapport aux 59,3 % de l'exercice précédent. La marge opérationnelle trimestrielle progresse à 28,9 %, contre 28,3 % un an plus tôt.
Pour les acteurs B2B du nautisme, ces indicateurs traduisent une capacité à maintenir les prix et à absorber les coûts industriels, dans un contexte de pression sur les composants électroniques et la logistique internationale.
Marine, un segment à 1,18 Md$ tiré par les traceurs de cartes
Le segment marine affiche une progression de 18 % au quatrième trimestre, à 296,9 M$. La croissance concerne plusieurs familles de produits, avec un rôle moteur des traceurs de cartes.
La marge brute du segment s'établit à 52 %, pour une marge opérationnelle de 18 %, soit un résultat opérationnel de 52 M$ sur le trimestre. Sur l'ensemble de l'année 2025, le chiffre d'affaires marine atteint 1,18 Md$, en hausse de 10 %.
Pour les chantiers et les distributeurs d'électronique embarquée, ces chiffres confirment la place centrale des écrans multifonctions dans les programmes neufs comme en refit. La dépendance à ces équipements reste forte, notamment sur les unités de plus de 8 mètres, où l'intégration réseau et la compatibilité NMEA 2000 sont devenues standard.
Extension de gamme et sécurité embarquée, vers plus d'intégration
Au cours du trimestre, Garmin a élargi son offre de traceurs avec la série GPSMAP 9000xsv, intégrant des fonctions sonar mises à jour. L'évolution des capacités de détection sous-marine, notamment pour la pêche et la navigation côtière, reste un axe structurant du marché.
Le groupe a également lancé Garmin OnBoard, un système sans fil combinant homme à la mer et coupe-circuit moteur. Le principe repose sur une connexion permanente entre l'équipier et la fonction de sécurité, autorisant les déplacements à bord sans désactiver la protection.
Ce dispositif a reçu le prix Safety and Security Aboard lors des DAME Design Award 2025. Pour les constructeurs, l'intégration native de ce type de solution pose la question de la normalisation des coupe-circuits électroniques et de leur compatibilité avec les commandes moteur existantes.
Diversification des segments, un amortisseur face aux cycles nautiques
Au-delà du marine, Garmin enregistre au quatrième trimestre une hausse de 42 % sur le segment fitness, à 765,8 M$, portée par les objets connectés. L'aviation progresse de 16 % à 274,2 M$, soutenue par les marchés OEM et aftermarket.
Le segment outdoor reste stable à 627,6 M$, tandis que l'automobile OEM recule de 3 % à 160,4 M$.
Cette diversification constitue un levier d'équilibrage pour le groupe. Pour les professionnels de la plaisance, cela signifie que la branche marine n'est pas isolée, mais intégrée dans une stratégie globale, capable d'absorber les variations de cycle propres au nautisme.
Perspectives 2026 : une croissance attendue
Pour l'exercice 2026, Garmin anticipe un chiffre d'affaires de 7,9 Md$, soit une progression de 9 %. Le groupe vise un bénéfice par action pro forma de 9,35 $, avec une marge brute estimée à 58,5 %, une marge opérationnelle de 25,5 % et un taux d'imposition effectif de 16 %.
Pour les équipementiers et les chantiers, ces prévisions donnent un signal de continuité plutôt que de rupture. La croissance reste attendue, mais à un rythme plus modéré.
Et la question demeure pour la filière plaisance, comment maintenir la cadence d'équipement sur un marché des bateaux neufs plus sélectif, tout en capitalisant sur le refit et la modernisation des flottes existantes.

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