Interview / Voiliers RM Yachts : "On veut retrouver la dynamique des dernières années."

Usine RM Yachts Fora Marine

Olivier Gainon, nouvellement président de Fora Marine, le constructeur des voiliers RM, fait un point sur l'évolution de l'entreprise, du point de vue industriel, commercial et stratégique.

Directeur général de Fora Marine depuis mars 2017, Olivier Gainon a repris la présidence du constructeur des voiliers RM en janvier 2019. Il répond aux questions de BoatIndustry sur l'entreprise nautique rochelaise.

Vous venez de prendre la présidence de Fora Marine, en plus de la direction opérationnelle. A quoi correspond cette évolution ?

J'étais associé avec Stéphane Sénacq depuis la reprise de l'entreprise en mars 2017, mais je suivais cela à distance. Lorsque ce dernier a du quitter ses fonctions en mars 2018 pour des raisons personnelles, j'ai repris la gestion opérationnelle. Je reprends désormais la présidence, mais les actionnaires restent les mêmes.

Quelles évolutions organisationnelles avez-vous lancé depuis votre arrivée ?

2018 a été une année de recadrage et de remise en place de la production, avec une équipe qui mixe de nouvelles recrues, à travers le directeur de production Pierrick Roy, la responsable administrative et financière Corinne Delhoume avec l'expérience au bureau d'études d'Edouard Delamare et de Maxime Védrenne au service commercial. Nous avons mis en place un logiciel de planification et de simulation pour la gestion de la production. On a également relancé une démarche qualité supérieure après avoir connu quelques soucis en fin 2017 liés à une augmentation de production importante. Un nouveau responsable SAV, Franck Chacun, nous a rejoint en octobre 2018. Nous avons également créé un comité stratégique de 7 personnes avec des acteurs extérieurs comme François Gabart ou Jean-Marie Piaton et des chefs d'entreprises étrangers au nautisme.

Usine Fora Marine

Après avoir reposé les fondamentaux en 2018, nous voulons retrouver la dynamique des dernières années. 2019 voit le lancement du nouveau RM 11.80, dont 15 ont été vendus sur plan. On repart en croissance et en reconquête.

Quels sont vos objectifs de production et les moyens industriels mis en place ?

En 2018, nous avons construits 40 "équivalents bateaux". Pour comparer un RM 8.70 et un RM 13.70, nous avons calculé un ration sur le temps de production, avec comme référence le RM 10.70. En 2019, nous prévoyons 48 équivalent bateaux. Le carnet de commande est plein jusqu'en décembre.

Voiliers RM en construction

Pour cela, nous misons sur une accélération de la production liée à la formation et la montée en compétences des équipes qui se stabilisent après avoir connu du turnover. Nous comptons aussi sur une simplification des méthodes de production. Nous allons également sortir le RM 13.70 de la chaîne de production, qui avait tendance à ralentir la cadence. Une équipe lui sera exclusivement dédiée pour produire 3 à 4 bateaux par an et pouvoir travailler avec le client avec un bon niveau de qualité. C'est un choix stratégique de limiter le nombre de RM 13.70 car cela nous permet de travailler plus en profondeur avec les clients.

Vous avez fait le choix de murailles hautes en sandwich pour le nouveau RM 11.80. N'avez-vous pas eu peur de brouiller l'image de RM ? Fora Marine a-t-il vocation à faire de l'infusion ?

Cela a été le fruit d'un long débat. C'était un choix esthétique pour les formes du livet et pour offrir une muraille plus résistante dans les manœuvres de port. On a discuté avec les clients et les prospects et l'on a conclu que l'image de RM c'était avant tout un voilier de qualité, confortable, rapide et agréable à vivre, quelque soit la technique de construction. Certaines personnes viennent voir les RM sur les salons sans savoir que nos voiliers sont construits en bois !

Futur RM 11.80

Concernant la production, les murailles sont faites chez Ofcet et la plupart des ponts chez A2J Composites. Fora reste assembleur et n'a pas vocation à faire de l'infusion. C'est aussi notre fierté de travailler avec l'écosystème nautique rochelais et français.

Quels sont les objectifs commerciaux de RM Yachts en France et à l'export ?

En 2018, nous avons fait évoluer notre réseau d'agents et de revendeurs en France. Aujourd'hui, nous travaillons à 50% en direct et à 50% à travers le réseau. 80% des bateaux vendus en 2018 l'ont été en France. Je pense que nous sommes désormais mûrs pour nous développer en Europe. Nous devons réfléchir au fonctionnement. Quelle part de direct et quelle part de distribution ? Nous avons un revendeur actif en Italie et François Gabart s'est engagé en Scandinavie. Mais ce qu'il faut c'est aussi des créneaux de fabrication qui ne soient pas à 18 mois, d'où le travail industriel.

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