Interview / François Gabart : "Si on pouvait faire plus que gagner des courses..."

Le trimaran Macif lors de la pose de la 1ère pierre du batiment de Mer Concept à Concarneau

A l'occasion du lancement de la future installation de son entreprise Mer Concept et du hangar de son trimaran Macif à Concarneau, le skipper François Gabart répond aux questions de BoatIndustry sur son intégration dans le tissu maritime local et les ambitions de son entreprise dans la course au large et au-delà.

L'entreprise Mer Concept créée par le skipper François Gabart va s'installer sur le port de Concarneau en 2020. La société qui gère les projets de l'écurie Macif Course au Large, mais également d'autres équipes de voile professionnelle, fait construire un bâtiment de 2000 m² au sol et 3500 m² de planchers qui accueillera des bureaux, mais également un hangar pouvant abriter un trimaran Ultim, un monocoque Imoca et deux monotypes Figaro 3. Le dispositif sera complété d'un ponton de 40 mètres de long. A l'occasion du lancement des travaux, François Gabart a répondu à nos questions sur les raisons de son implantation et les ambitions de Mer Concept, dans la course au large et au-delà.

Début des travaux du bâtiment de Mer Concept à Concarneau

Par quel cheminement êtes vous arrivé à installer Mer Concept à Concarneau ?

Depuis 5 ans, avec Macif, nous avons un atelier pour la maintenance du trimaran à Port-La-Forêt, mais pas de solution dans le Finistère pour les gros chantiers, donc nous le faisions à Lorient. On souhaitait regrouper les équipes avec le bureau d'études et toutes ses spécialités de composite, d'électricité, d'hydraulique et de mécanique, le hangar et un ponton à côté. Cela évite de partager les équipes pendant les chantiers. On y travaille depuis quelques années. Il n'y a pas de foncier assez grand près de l'eau à Port La Forêt. C'est un sujet qu'avait déjà traité Hubert Desjoyeaux à l'époque pour CDK Technologies lorsqu'il avait eu la construction du maxi trimaran Banque Populaire devenu aujourd'hui Spindrift. Il était donc parti à Lorient. Nous avions ré-étudié la question en 2013 pour le trimaran Macif actuel et notamment exploré la piste concarnoise, mais ce n'était pas le bon moment. Avec le lancement du nouvel Ultim Macif et le projet de l'IMOCA Apivia, nous avons relancé nos recherches et cette fois-ci nous étions dans le bon timing pour Concarneau.

Quels avantages voyez-vous à Concarneau ?

Il y a deux raisons. Concarneau est un site avec un potentiel extraordinaire. C'est un port protégé avec de l'espace pour un ponton, où l'on peut sortir dans quasiment toutes les conditions de météo et de marée. Il y a des activités à côté qui sont complémentaires avec la course au large, Kaïros et Roland Jourdain, la pêche et la construction navale avec des entreprises comme JFA et Piriou. Je pense que l'on peut renforcer des compétences et imaginer des ingénieurs qui passent d'une entreprise à l'autre.

Le deuxième élément est la continuité du travail effectué depuis une dizaine d'années. Mer Concept, c'est 35 personnes qui habitent proche d'ici entre Penmarc'h et Auray, avec des familles et il est important de ne pas déstabiliser l'équipe. Cela permet aussi de rester proche du Pôle Finistère Course au Large.

Images du futur bâtiment de Mer Concept à Concarneau

Quel est le rôle de Macif dans ce nouveau bâtiment ?

Le projet est co-construit avec Macif, avec lequel nous travaillons depuis une dizaine d'années et encore pour longtemps j'espère ! Mais c'est Mer Concept mène ces travaux.

Mer Concept est aujourd'hui dans la course au large. Pourrait-il y avoir d'autres projets ?

Nous faisons aujourd'hui quasi-exclusivement de la course au large, avec le trimaran Macif, le monocoque Apivia et les Figaro Macif. On travaille aussi sur le projet Ocean Race, car il y a une vraie connaissance de l'IMOCA et on serait donc ravi d'y apporter quelque chose. Mais j'ai aussi envie de dépasser le cadre simple de la course au large. Aujourd'hui, avec les foils, le vol révolutionne la façon de naviguer et je ne pense pas que cette révolution va se cantonner à la course. Il y aura sûrement du transfert de technologie à faire très proche de nous vers la plaisance, mais aussi de manière plus lointaine vers des petits engins flottants comme le surf ou le kitesurf et la construction navale civile. On a l'ambition que l'énergie que l'on met pour nos bateaux de course puisse servir en dehors de ce domaine. Dans les années à venir, on souhaite bien sûr gagner des courses, mais si on pouvait faire plus, je serais ravi !

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