Naviwatt, spécialiste de la propulsion électrique depuis plus de 10 ans

Concevoir un bateau à propulsion électrique nécessite une approche globale, Naviwatt nous fait part de son expérience. Depuis la conception à la réalisation en passant par le dessin de carène.

Naviwatt, spécialiste français du bateau à propulsion électrique était présent au salon nautique de Düsseldorf 2020, BoatIndusty profite de cet événement pour faire un point sur le développement de ce mode de propulsion et de ses applications.

Naviwatt, 12 ans d’expérience

De la conception à la construction de bateaux électriques, Naviwatt propose une gamme de semi-rigides, de monocoques et catamarans principalement à usage professionnel.

Créé en 2008 et installé à Arzon dans le golfe du Morbihan (56), l’équipe de 8 personnes dont 3 ingénieurs architectes navals, travaille sur tous les aspects de la propulsion électrique. En 12 ans d’existence Naviwatt a produit une quarantaine de bateaux à propulsion électrique.

Naviwatt Laurent Bérenger

Adapter le bateau à la propulsion électrique.

Laurent Bérenger, en charge du développement commercial de Naviwatt entre dans le vif du sujet : « Nous nous sommes vite rendu compte qu’équiper une coque existante avec une propulsion électrique n’était pas la bonne approche. Il ne faut pas installer un système de propulsion électrique dans un bateau qui n’est pas destiné à ce mode de motorisation. Toutes les expériences en particulier sur des semi-rigides se sont soldées par de mauvaises performances. »

Naviwatt Laurent Bérenger

Pour Laurent Bérenger, la propulsion électrique se décompose en 2 grands sujets :

  • La conception de la propulsion électrique intégrant les moteurs, les batteries, les chargeurs et tout l’environnement lié. 
  • Le programme de navigation qui va déterminer le design de bateau.

Ainsi pour chaque projet, l’équipe d’ingénieurs architectes navals développe spécifiquement pour chaque utilisation, un concept en propulsion tout électrique. Depuis 12 ans Naviwatt s’en est fait une spécialité.

Au tout début de l’activité du chantier, Naviwatt a fabriqué des petites embarcations de plaisance destinées à la location propulsées par un moteur de 4 kW, soit moins de 6 cv, puis des transports de passagers d’une taille de 15 m propulsés par 2 moteurs de 20kW (moins de 30 cv) chacun, pour une vitesse de 12 à 15 km/h (8 nœuds), puissance assez faible pour offrir une autonomie d’une journée d’exploitation.

Naviwatt Laurent Bérenger

Pour certaines applications, la propulsion électrique est le bon choix : « La propulsion électrique est adaptée à des usages prédictifs avec une consommation constante au quotidien sans être élevée », affirme Laurent Bérenger.

« En fonction des utilisations, il est possible de consommer beaucoup de carburant (essence ou gazole) pendant l’année, même si la consommation quotidienne reste faible. Dans ce cas, la propulsion électrique devient financièrement intéressante et beaucoup de professionnels se sont convertis à l’électrique, surtout dans le transport de passagers en « zone fermée », comme les ports. Ainsi, les navettes à passagers à propulsion électrique fonctionnent très bien. L’usage quotidien génère une faible consommation d’énergie qui ramenée à l’année est importante. À terme, une économie financière est réalisée », insiste Laurent Bérenger.

« D’autant que le principal avantage de la propulsion électrique reste le confort d’utilisation, le peu de maintenance, et la manœuvrabilité grâce à sa plage d’utilisation importante comparée à un moteur thermique. Un moteur électrique peut fonctionner à très faible vitesse avec un couple important disponible tout de suite », enchérit Laurent Bérenger. 

Malheureusement pour une utilisation typée maritime intensive, de type plaisance, c’est-à-dire intensive, sur une courte période - c’est-à-dire consommer beaucoup pendant une journée et peu ramené sur l’année - la propulsion électrique n’est pas forcément adaptée.

Définir le besoin avant de concevoir

Naviwatt Laurent Bérenger

Ainsi pour chaque projet de bateau, Naviwatt commence par définir un besoin pour ensuite élaborer un cahier des charges qui va définir le stockage puis la puissance propulsive et ensuite le bateau est développé, pour être le plus léger et efficace possible au niveau de la carène pour son usage précis. Par exemple pour un semi-rigide susceptible d’aller en pleine mer une carène à V assez prononcée sera privilégiée, alors que pour un bateau qui reste dans des eaux plates et calmes ce n’est pas nécessaire.

Les améliorations nécessaires

Naviwatt Laurent Bérenger

Naviwatt part du principe que la production d’électricité reste à terre, même si certains bateaux sont quasi autonomes (mais s’agit d’une petite minorité). Le temps de charge et le stockage de l’électricité restent les points d’amélioration nécessaires pour un développement de la propulsion électrique.

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