Interview / Accueil de la course au large: un défi pour les infrastructures portuaires

Sylvain Morel, maître de port de Lorient La Base

Le maître de port de Lorient La Base, Sylvain Morel, nous explique les défis que représente l'accueil des voiliers de course au large, alors que la Sellor lance les travaux d'extension de ses infrastructures portuaires.

Quel est aujourd'hui le profil des usagers du port de Lorient La Base ?

Sylvain Morel : La base est un port professionnel qui accueille peu de particuliers. Physiquement, la course au large occupe une moitié de Lorient La Base et les professionnels l'autre moitié.

Quelles évolutions avez-vous constaté ?

Depuis 2004/2005, on croule sous les demandes en course au large. En 2019, nous avons dû refuser le 1er bateau. C'est pour cela que nous avons lancé le projet d'agrandissement de la base avec les pannes du K3.

Quels sont les paramètres à prendre en compte pour un tel projet ?

Le temps de développement d'un port est de 10 ans en général. La problématique est de savoir ce que seront la plaisance et la course au large dans 10 ans. Pour le K3, la mise en place devrait être de 3 ans entre l'idée et la livraison. Nous sommes toujours en alerte de l'évolution des bateaux de course au large, qui ne se gèrent plus comme avant. Il faut tenir compte des grands out-riggers et des foils. Les safrans qui dépassent désormais des murailles exigent de rentrer les pieux.

Il faut aussi réfléchir aux manœuvres et aux emplacements des bateaux dans le port. Par exemple, avec les foils, le plan antidérive du Figaro 3 s'est réduit, ce qui pose problème pour la manœuvre avec du vent. De même, un trimaran Ultim a 300 m² de fardage. Même avec 100 CV et une hélice de poussée, cela devient compliqué pour les bateaux de servitude dans l'aide à la manœuvre. Et en dessous de 6 nœuds, il n'a rien dans les safrans pour barrer. On a du adapter le règlement portuaire pour les autoriser à aller plus vite.

Quelles sont vos relations avec les teams de course au large ?

On a des liens de consultant. Par exemple, cela fait un an que l'on a vu les plans des nouveaux foilers pour pouvoir réfléchir à l'emplacement et aux manœuvres.

Quelles sont les principales caractéristiques du projet K3 ?

Il s'agit d'une extension rapide à un coût maîtrisé, avec une enveloppe de 1,7 M€. L'intérêt est qu'il s'agit d'un site avec un entretien dont le coût sera limité car il s'envase très peu. Les épaves devant seront gardées car elles ont un intérêt patrimonial et qu'elles protègent de l'envasement. Avec un tirant d'eau stable à 5 mètres du zéro et des pannes de 8 mètres de large, il pourra accueillir 9 IMOCA. Le linéaire de pontons est de 200 mètres plus 240 m sur les brises clapots qui pourront accueillir des Class40.

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