Interview / "Si la formation est mauvaise, le plaisancier a peur et ne pratique pas."

Eric Bretagne (à droite), avec un groupe de futurs formateurs de permis bateau

Eric Bretagne, créateur de Nautic Training Concept, expert dans la formation des plaisanciers et l'accès au permis bateau, nous explique son activité et sa vision de l'accès au nautisme et à la navigation de loisir.

La société Nautic Training Concept est spécialisée dans les supports de formation à la navigation. Son fondateur, Eric Bretagne, nous présente son activité et livre sa vision de l'accès à la plaisance.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours qui a mené à la création de Nautic Training Concept et les activités de la société ?

J'ai eu pendant plusieurs années un bateau-école au Crouesty et à Nantes, que j'ai depuis revendu. Ne trouvant pas de support qui me satisfasse, j'ai commencé à créer mes outils pédagogiques propres. En 2010, lorsque l'éditeur Ediser a souhaité lancer un guide papier et numérique pour la préparation des permis côtier, fluvial et du Certificat Restreint de Radiotéléphonie, j'en ai rédigé le contenu. Depuis, Ediser a été racheté par Fleurus, propriétaire du fameux guide Vagnon, et je travaille aujourd'hui sur cette gamme.

En parallèle, j'ai développé les 1ères formations pour formateurs de permis bateau avec l'ENSVN de Quiberon. Cela a mené à la création du cursus et du CQP (Certificat de Qualification Professionnel) avec la Fédération des Industries Nautiques (FIN). Cette formation est maintenant reprise par l'INB où nous interviendrons dans les cours.

Enfin, je vends également du matériel de navigation. J'ai racheté la marque FlashTide en 2018. Sous ce nom, nous fabriquons des règles de navigation, environ 8 à 9000 par an. Nous commercialisons également des cartes marines NV Charts.

Quelle est aujourd'hui la situation du marché des bateaux écoles et de la formation ?

Il y a actuellement 1 000 agréments, dont 700 à 800 sont réellement actifs et 2 000 formateurs. 80% des permis sont des permis côtiers. On fait face à une pénurie de formateurs, notamment en région parisienne ou à Lyon et en saison sur le littoral. La pyramide des âges est problématique avec 75% des formateurs qui ont plus de 50 ans. Les épreuves pratiques au permis ont été délégués aux bateaux écoles pour libérer des places d'examen, tandis que la partie théorique reste gérée par les Affaires Maritimes.

Quel rôle peuvent avoir les bateaux écoles et les supports de formation dans l'évolution du marché de la plaisance ?

La FIN a constaté que malgré la baisse des ventes de bateaux, le nombre de permis continuait à augmenter. Le permis ou l'école de croisière sont les points d'entrée dans le nautisme. D'où l'importance de la qualité de la formation pour garder les plaisanciers. Si elle est de mauvaise qualité, les gens ont peur et ne pratiquent pas. Il faudrait chiffrer combien de gens ont pratiqué dans les années suivant le permis bateau. Beaucoup n'ont pas assez confiance pour louer ou acheter un bateau. Grâce au CQP, depuis 2016, les formateurs démontrent leurs qualités techniques, ce qui n'était pas nécessaire avant. De même, on essaye de développer des supports de formation qui satisfasse le pratiquant et pas uniquement le formateur, qui puisse être utilisé après le permis.

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