Les loueurs de bateaux à l'offensive sur les offres de financement

Les loueurs de bateaux se lancent dans le financement des petits bateaux à moteur

Le financement de l'achat des bateaux est un enjeu pour les plaisanciers comme pour les professionnels de la location. De Dream Yacht Charter à Kiriacoulis, la communication et les offres fleurissent. Au-delà des slogans, quels intérêts ont chacun des acteurs ?

L'application de modes de financement éprouvés au nautisme

Les offres de financement se sont fortement développées dans la plaisance. Le leasing ou location avec option d'achat, LOA, prend de l'ampleur depuis de nombreuses années. La rentrée 2019 a vu Dream Yacht Charter présenter son offre Triple Play. Ouverte aux Zodiac MedLine et au Bénéteau Flyer 6.6, il s'agit d'un financement sans apport initial, avec garantie de rachat, moyennant la mise à disposition en location sur le site SamBoat. De son côté, Kiriacoulis faisait la promotion de son offre de gestion-location pour les nouveaux voiliers Sun Loft 47 de Jeanneau lors du Grand Pavois 2019.

Le nautisme applique une recette déjà éprouvée dans d'autres secteurs et suit la tendance à l'abandon de la propriété directe, comme en témoigne Jean-Hugues Devolve, directeur de CGI Finance, leader du financement de bateaux et partenaire de l'offre Triple Play. La filiale de la Société Générale revendique plus de 60% de part de marché avec 400 M€ de financement par an. "Nous sommes aussi le N°1 des indépendants dans le financement automobile. On y voit une progression des LOA dites ballon de 40% par an (NDLR : option d'achat à courte durée permettant de limiter les loyers, par rapport aux LOA de durée longue plus classiques en plaisance). Pourquoi cela ne s'appliquerait-il pas aux bateaux, voire même de manière amplifiée ?"

Bénéteau Flyer 6.6 proposé dans l'offre Triple Play

Avantages fiscaux et désimplication du plaisancier

Au-delà du discours environnemental sur une "utilisation raisonnée du bien" grâce à la mise à disposition des bateaux non utilisés chez le loueur, à mettre en regard avec la course au renouvellement rapide de la flotte, les financements présentent plusieurs intérêts pour le plaisancier. Le succès des LOA est né des avantages fiscaux et de l'exemption de TVA accordée depuis 1973. En assurant des revenus locatifs, les loueurs de bateaux en réduisent également le coût. L'offre Triple Play de Dream Yacht Charter est sans apport initial, avec une garantie de rachat en fin de leasing. Le loueur estime également que la location du bateau sur sa plateforme Samboat doit pouvoir couvrir les loyers. "On est capable de prévoir le nombre de jours de location nécessaires en fonction du port d'attache du bateau. Cela tourne entre 30 et 50 jours par an" estime Loïc Bonnet, PDG de Dream Yacht Charter. L'assurance de tels taux de remplissage dépendra néanmoins du bassin de navigation... De même, Kiriacoulis affiche un prix d'achat du monocoque Sun Loft 47 à 198 000€. Mais il ne s'agit en fait que de l'apport initial de 50% de la valeur du bateau, en considérant les loyers couverts par la location.

"C'est un achat désimplicant et l'on peut s'afficher comme propriétaire !" résume Jean-Hugues Devolve.

Le Sun Loft 47, conçu pour le charter, est aussi proposé en financement aux particuliers plaisanciers

Financer une flotte neuve à moindre coût, voire plus...

Les loueurs de bateaux ont aussi leur intérêt. La volonté de Dream Yacht Charter d'appliquer aux petites unités à moteur, semi-rigides et flyer, la recette éprouvée sur les grosses unités en témoigne. Les plaisanciers sont ici les financeurs des sociétés de location, permettant de créer rapidement une flotte et d'en assurer son renouvellement. "Grâce à Triple Play, nous aurons plus de bateaux neufs sur la plateforme SamBoat, plus adaptés à la location intensive que l'offre majoritairement constituée de vieux bateaux. L'objectif est d'une trentaine de bateaux la 1ère année, et du double l'année d'après, répartis sur la France, l'Italie et l'Espagne." explique Loïc Bonnet.

Kiriacoulis, en vendant aux particuliers le Sun Loft 47, absent du réseau traditionnel de Jeanneau, peut espérer plus que de constituer une flotte. Des objectifs de vente et de commissions, d'un bateau plus rare ajoutent à l'attrait de l'opération.

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