Prospective : Le Finistère imagine une plaisance à visage humain en 2035

Le parrainage, piste pour la plaisance humaine de 2035

Avec Cap Plaisance 2035, le département du Finistère a voulu imaginer le nautisme de demain. Sans révolutionner la navigation de loisir, les résultats de l'atelier prospectif laissent entrevoir un avenir où l'humain et la mutualisation ont leur place au port et à bord des bateaux.

Une étude prospective pour imaginer la plaisance de demain

L'agence Finistère 360, héritière de Nautisme en Finistère, et désormais en charge de la filière départementale de la plaisance, a lancé en 2018 une réflexion prospective sur les évolutions à venir dans la filière. Après la collecte des informations sur l'état actuel du marché, les membres de l'agence ont imaginé avec la société WeaveAir, spécialiste du design prospectif, différents scenarii envisageables sur la plaisance en 2035. Ces hypothèses ont été soumis à des professionnels finistériens du nautisme lors d'ateliers. Les premiers résultats ont été présentés le 26 novembre 2019.

Nécessité d'évolution du nautisme

L'analyse des statistiques liées à la pratique de la plaisance va obliger le secteur à se réinventer. Les experts de Finistère 360 voient néanmoins des points positifs. "La chute des ventes et le non-renouvellement des clientèles ne sont pas le signe d'un désintérêt pour la plaisance" affirment-ils. Pour autant, il faut trouver selon eux le moyen d'en "faire un loisir comme les autres" en levant les freins et les peurs. La perte dans le parcours du plaisancier, entre les 50% de français qui souhaiteraient naviguer et moins de 5% qui pratiquent régulièrement, doit être réduite. En 2035, 85 à 90% des plaisanciers actuels auront arrêté de naviguer, Finistère 360 s'est donc fixé cette limite pour envisager un nouveau nautisme.

3 Concepts du nautisme

Lors des différents ateliers, une série de scenarii, allant du tout technologique au post-apocalyptique lié à une très forte montée des eaux, ont été étudiés. La synthèse effectuée par Finistère 360 fait émerger 3 concepts principaux, liés à 3 clientèles.

  • Un océan de savoir, s'appuie sur les plaisanciers actuels et la nécessaire transmissions des connaissances de la navigation, notamment à travers le parrainage.
  • La Plaisance à la carte pour des pratiquants occasionnels. Celle-ci passe par des plateformes sur abonnement offrant des activités variées, du paddle au catamaran à foil, mais aussi hors du nautisme.
  • Le Tiers-Port, s'adresse aux "non-clients" actuels, ces gens qui déambulent sur le port sans en être acteur. Il passe par des lieux de travail ou d'exposition, éphémères ou permanentes. Il répond à la problématique des fonciers non utilisés liés aux activités comme la pêche qui pourraient être moteurs de la transition littoral, explique les organisateurs.

Michaël Quernez, président de Finistère 360

Une plaisance humaine avec la technologie comme support

L'horizon 2035, relativement proche, n'a pas fait émerger de tendance révolutionnaire, insistant comme les nombreuses études récentes sur le passage de la propriété à l'usage. Pour autant, il est à noter l'importance accordée au lien humain par rapport aux technologies. Si la plateforme numérique est présentée comme un outil de réservation et de mise en relation, elle l'est moins comme moyen d'apprentissage et de pratique. Le rapport humain est privilégié. "L'un des enjeux est la mise en relation des gens avec une communauté avec une réputation parfois fermée" indiquait un intervenant. Au-delà des vacanciers, la plaisance est également structurante pour les habitants et n'en a que plus d'importance pour le territoire. "On parle souvent des clientèles étrangères et pourtant nos 1ers clients sont les bretons" rappelait Michael Quernez, président de Finistère 360 en guise de conclusion.

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