Saint-Martin : Où en est l'industrie nautique 2 ans après le cyclone Irma ?

La marina d'Oyster Pond reste fortement endommagée

Le cyclone Irma a dévasté l'île de Saint-Martin aux Antilles le 7 septembre 2017. Deux ans après la catastrophe, nous avons fait le point des conséquences sur l'industrie nautique et des projets pour la plaisance avec l'association professionnelle locale, Metimer.

Des projets de reconstruction des marinas de St-Martin à plusieurs vitesses

Lorsque Bülent Gülay, président de l'association des professionnels du nautisme Metimer, dresse un panorama de l'état des infrastructures portuaires pour la plaisance de Saint-Martin, 2 ans après le passage du cyclone Irma, le constat est contrasté.

L'activité de charter a pu reprendre dans la marina de Fort Louis, opérationnelle à 60%, qui accueille les grands opérateurs comme Dream Yacht Charter, Sunsail The Moorings ou Trade Winds. 5M€ de travaux ont été votés. Ils ont débuté en vue d'une livraison intégrale du port de plaisance agrandi en septembre 2020.

La nouvelle base de Sunsail à Fort-Louis (Marigot) ©Bateaux.com

A Galis Bay, le quai du port de commerce doit être agrandi pour accueillir de petits paquebots de croisière. Le tirant d'eau acceptable actuel de 4 mètres doit être porté à 8 mètres, puis 12 mètres dans un second temps. Des corps morts vont être mis en place pour les plaisanciers, résidents comme visiteurs.

Le site d'Oyster Pound est plus problématique. Situé à la frontière entre les zones françaises et néerlandaises, il fait l'objet de négociations sur la position exacte de la séparation entre les eaux territoriales. Le blocage de la situation au niveau local a conduit à un report des négociations au niveau des Etats. "Il faudra encore 2 à 3 ans avant de pouvoir faire quelque chose" regrette Bülent Gülay.

L'anse Marcel, aujourd'hui à 25% de ses capacités, doit présenter un plan de reconstruction aux collectivités, avec un minimum de 40% de places visiteurs. Le projet ne démarrera pas avant mi-2021.

A Grand-Case, des projets de mouillages sur bouées sont à l'étude.

Le lagon, particulièrement touché, n'a toujours pas été nettoyé de ses débris. Il reste encore 126 épaves de bateaux dans la partie française. Une société de désenflouage néerlandaise a été retenue par appel d'offres, mais elle ne dispose pas encore des agréments français. Les travaux débuteront au printemps 2020.

Des études sur la rénovation de la Marina Royale sont attendus en 2021.

Une importance du nautisme mal appréhendée par les institutions

Présents au Nautic pour montrer aux plaisanciers que Saint-Martin accueillait à nouveau les navigateurs, les professionnels regrettent le manque d'attention des institutions. "Les dirigeants de la collectivité ne se rendent pas compte de ce que représente un bateau. Une flotte de charter, c'est l'équivalent d'un hôtel" explique le président de Métimer. "Beaucoup d'opérateurs de charter nous demandent pourquoi cela ne va pas plus vite. Certains gèrent entre les mouillages et les places à quai. Mais ils disent : si ça ne bouge pas, on va aller ailleurs. Toutes les sociétés locales de long charter ont disparu."

Professionnels du nautisme de St-Martin au Nautic 2019 (au centre Bülent Gülay, président de Métimer)

Des actions pour le nautisme à St-Martin

En plus de la location de bateaux, les chantiers navals d'entretien ont du s'adapter, mais il va falloir penser à l'avenir. "Beaucoup de chantiers ne sont pas aux normes, mais il fallait bien travailler. Il va maintenant falloir réfléchir à d'autres implantations, plus loin des habitations" explique Bülent Gülay. Il conclut ainsi : "Il faut montrer à la collectivité qu'il faut accélérer. Sans aller plus vite que la musique, on ne doit pas perdre de temps!"

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