Entre évolution des usages et adaptation du marché, Wiziboat prend place dans l'écosystème du groupe Beneteau. Samuel Dubois, en charge du développement commercial sur les activités day boating, revient sur la structuration de cette offre et son rôle auprès des plaisanciers.
Quelle place occupe Wiziboat dans la stratégie globale du Groupe Beneteau aujourd'hui ?
Wiziboat s'inscrit dans la stratégie du Groupe Beneteau visant à développer de nouvelles offres d'accompagnement à ses clients tout au long de la durée de vie de leur bateau avec une attention portée aux nouveaux usages. L'idée est d'apporter des solutions concrètes pour faciliter l'accès à la navigation. La plateforme reste autonome, sous la direction de Pierre-Olivier Bidault-Siré, mais elle est pleinement connectée à notre écosystème. Elle s'appuie sur notre réseau de distribution, ce qui permet un déploiement rapide et structuré, notamment en Europe.
Est-ce que vous considérez Wiziboat comme un service complémentaire ou comme un levier de transformation du marché ?
C'est avant tout une réponse à une évolution déjà visible. Le marché change, notamment sur les petites unités, entre 5 et 7 mètres Wiziboat permet d'apporter une solution adaptée à ces segments. Ce n'est pas un remplacement du modèle existant, mais un complément qui répond à d'autres attentes.
En quoi Wiziboat s'inscrit-il dans l'évolution des usages ?

On constate une attente forte en matière de simplicité. Les clients veulent naviguer sans contraintes administratives ou financières. L'application permet de réserver facilement, de visualiser la disponibilité des bateaux et d'accéder à une flotte sans engagement long. Cette logique correspond bien aux nouvelles générations, mais aussi à une partie des plaisanciers plus expérimentés.
Le modèle d'abonnement peut-il concurrencer l'achat de bateaux ?
Sur certains segments, notamment les petites tailles, la location apporte une alternative. Le marché du petit hors-bord, par exemple, est plus tendu aujourd'hui, avec une baisse des immatriculations sur certaines zones. Wiziboat permet de maintenir une activité sur ces unités en proposant un usage plutôt qu'une propriété .
Comment le groupe articule-t-il la vente de bateaux neufs avec Wiziboat ?
Il existe une vraie complémentarité. Wiziboat permet de faire découvrir les bateaux, de tester différents modèles. On observe une porosité entre les deux approches. Certains utilisateurs passent ensuite à l'achat, tandis que d'autres restent sur l'usage.
Wiziboat est-il pensé comme un outil pour générer de nouveaux propriétaires ou pour démocratiser l'accès ?

Les deux dimensions existent. L'objectif principal reste d'emmener davantage de personnes sur l'eau. Ensuite, chacun construit son parcours. Pour certains, ce sera une étape vers l'acquisition. Pour d'autres, une solution durable.
Voyez-vous un potentiel différent entre l'Europe et les États-Unis ?
Oui, les dynamiques sont différentes. Le Groupe Beneteau a choisi en 2025 de se désengager de ses activités de boats Clubs non profitables aux Etats Unis pour se concentrer sur l'Europe où le réseau est plus structuré et permet un déploiement progressif. Aujourd'hui, Wiziboat compte plus 1200 membres, dont plus de 450 nouveaux en 2025, et 38 bases ouvertes en France
Quels sont les marchés prioritaires ?
La France reste le socle. L'objectif est ensuite de s'étendre en Europe, notamment sur des zones où le réseau de distribution est déjà présent. Les plans d'eau intérieurs représentent aussi une piste de développement. L'Espagne, l'Italie dès 2026 puis La Scandinavie, par exemple, montre un potentiel intéressant.
Quels freins avez-vous identifiés ?
Les contraintes sont multiples. Il y a des aspects réglementaires, mais aussi des différences culturelles dans la manière de consommer le nautisme. Chaque marché demande une adaptation spécifique.
Peut-on imaginer une intégration entre achat et location ?
On avance vers des modèles hybrides. Les distributeurs peuvent proposer des solutions combinées, avec des bateaux intégrés dans des flottes. Cela permet d'optimiser leur utilisation et de diversifier les revenus.
Quel est aujourd'hui le profil des utilisateurs de Wiziboat ?

Les profils sont très variés. On retrouve des pratiques orientées pêche dans certaines régions, notamment sur la façade Atlantique, et des usages plus familiaux dans le Sud. Le budget annuel alloué se situe généralement entre 2000 et 4000€ hors carburant.
Observez-vous une évolution des attentes clients ?
Oui, avec une recherche de flexibilité et de maîtrise des coûts. Le modèle par usage permet d'adapter la pratique en fonction des besoins. Il y a aussi une dimension pratique, avec une volonté de simplifier l'accès à la navigation.
Wiziboat peut-il devenir une porte d'entrée vers l'achat ?
Oui, dans certains cas. L'expérience utilisateur joue un rôle important. Naviguer régulièrement permet de mieux comprendre ses besoins avant un éventuel investissement.
Comment les concessionnaires perçoivent-ils Wiziboat ?
Le réseau est largement impliqué. Environ 80 % des bases reposent sur nos distributeurs. On leur propose aussi de travailler avec des opérateurs locaux, ce qui permet d'adapter le modèle à chaque territoire.
Le groupe accompagne-t-il les propriétaires ?

Oui, notamment pour optimiser l'utilisation des bateaux. L'objectif est de proposer des produits adaptés, avec des boat managers qui ajustent les flottes en fonction des usages.
À quoi ressemblera Wiziboat dans 5 ans selon vous ?
L'objectif est d'atteindre environ 5000 membres et une centaine de bases. Le développement passera par une extension en Europe et une diversification des zones de navigation.
Pensez-vous que le modèle usage vs propriété va transformer l'industrie ?
Il s'inscrit dans une tendance déjà visible dans d'autres secteurs. Le nautisme suit cette évolution, avec une coexistence des modèles.
Wiziboat pourrait-il devenir un pilier du groupe ?
C'est une activité complémentaire qui prend de l'importance. Elle contribue à élargir la base de clients et à diversifier les usages.
Mais surtout, Wiziboat permet de maintenir l'usage là où l'achat recule. C'est un point clé : nous ne cannibalisons pas le marché, nous le soutenons.
Le succès de Wiziboat peut-il réduire les ventes de bateaux neufs ?
Non pas du tout car dans toutes nos bases Wiziboat, nos bateaux ont moins de 3 ans donc tous les ans et de manière croissante nous mettons en service des bateaux neufs du Groupe Beneteau et les années à venir sont prometteuses.

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