Avec 82 multicoques exposés à flot du 22 au 26 avril 2026 à La Grande Motte, l'International Multihull Show poursuit son développement dans un marché du multicoque en pleine évolution. Catamarans de croisière, trimarans rapides, powercats et unités hybrides ont occupé les pontons d'un salon marqué cette année par une forte présence internationale et une importante réorganisation du site liée aux travaux portuaires.
Malgré une fréquentation en recul de 5 % par rapport à 2025, les organisateurs constatent une progression nette des visiteurs étrangers venus de 27 pays européens mais aussi d'Asie, d'Amérique, d'Afrique, du Moyen Orient et d'Australie. Une évolution qui pousse désormais le salon à préparer une stratégie d'ouverture internationale plus structurée.
Anaïs David, commissaire de l'International Multihull Show, revient sur les transformations du salon et les nouvelles tendances du marché.
"Nous avons quasiment tout repensé cette année"
Cette édition 2026 s'est déroulée dans un contexte particulier avec les travaux du port de La Grande Motte. Comment avez vous géré cette situation ?
Les travaux avaient déjà commencé depuis plusieurs mois, mais cette année nous étions directement impactés sur le salon. L'objectif est de moderniser le port et de rendre l'ensemble plus accueillant. C'est aussi quelque chose que nous souhaitions depuis longtemps, avec un site plus qualitatif pour les visiteurs et les exposants.
Mais forcément, avant d'obtenir ce résultat, il faut passer par une phase de chantier. Nous avons énormément travaillé avec les équipes portuaires et les différentes entreprises présentes sur le site pour optimiser les espaces et faire en sorte que les visiteurs voient le moins possible les travaux.
Finalement, je pense que nous avons réussi à bien les occulter grâce à toute la réflexion menée sur les circulations et les implantations.
"Cette année, nous sommes repartis d'une feuille blanche"
La configuration du salon a fortement évolué cette année.
Oui, complètement. Habituellement, nous reprenons une implantation assez proche d'une édition à l'autre. Cette fois, il a fallu tout reconstruire. Nous n'avions plus les mêmes espaces disponibles et il a fallu repenser entièrement les placements exposants.
C'est un énorme travail pour l'organisation, mais aussi pour les chantiers. Certains emplacements sont plus stratégiques que d'autres et il faut trouver le bon équilibre pour tout le monde. Nous avons aussi retravaillé le parcours visiteur avec notamment l'ouverture d'un troisième bassin et le repositionnement de l'entrée principale près du centre ville. Cela permet de mieux répartir les flux et de rendre la visite plus lisible.
Les navettes électriques mises en place cette année ont également facilité les déplacements entre les différentes zones du salon.
Les catamarans à moteur semblent occuper une place de plus en plus visible sur les pontons.
Oui, clairement. Le salon a historiquement une identité plus orienté voile mais ce n'est plus le cas aujourd'hui car notre visitorat évolue. Nous conservons un public de 'voileux' tout en accueillant un nouveau public, venus du motonautisme classique ou du yacht. Cette année encore, nous observons une progression du nombre d'unités à moteur présentes sur le salon (ils étaient 5 en 2024, 15 en 2025 et 19 en 2026). Nous entendons être aux côtés des chantiers de multicoques à moteur ; comme nous l'avons été par le passé pour les marques de multicoques à voile ; afin d'accompagner le développement de ce segment et de leur offrir le meilleur espace de travail possible.
"Certaines premières mondiales donnent une vraie visibilité au salon"
Plusieurs nouveautés étaient présentées en première mondiale cette année.
Oui, et c'est toujours important pour nous. Le Simbad, par exemple, était très attendu. Le chantier est resté extrêmement discret pendant tout le développement du bateau et il n'avait jamais été montré avant le salon.
Le fait que des constructeurs choisissent l'International Multihull Show pour dévoiler une première mondiale montre que le salon a désormais une vraie visibilité internationale.
Cette année, nous avions aussi des chantiers venus de Thaïlande, Chine, Tunisie, Australie, Afrique du Sud, Vietnam ou encore du Portugal. Cela montre bien que la production de multicoques est désormais répartie à l'échelle mondiale.
Quel est votre lien avec ce salon ?
C'est ma dixième édition. J'ai commencé dans cet univers grâce aux fondateurs historiques du salon. Ce sont eux qui m'ont transmis cette passion du multicoque et qui m'ont fait découvrir toute la profession.
Puis, quand le salon a été repris par la Fédération des Industries Nautiques, Caroline Popovici est arrivée comme commissaire générale. Elle a énormément apporté au niveau de la structuration et de la professionnalisation de l'événement.
Le salon grandissait et il avait besoin d'un cadre plus solide sur toute la partie organisationnelle. Aujourd'hui, nous poursuivons ce travail tout en essayant de conserver l'esprit d'origine qui fait aussi l'identité du salon.
"La question de l'agrandissement se pose déjà"
Avec la hausse du nombre de bateaux exposés, le salon approche t il de ses limites ?
C'est une vraie question. Nous avons évidemment envie de continuer à grandir, mais il faut composer avec les contraintes du port qui fonctionne toute l'année. Nous sommes présents cinq jours, alors que le port vit en permanence.
Les discussions avec la ville et le port sont donc importantes pour imaginer les prochaines étapes. Les travaux en cours vont améliorer le site et permettre d'avoir des infrastructures plus adaptées dans les années à venir, notamment avec la future halle nautique évoquée pendant le salon.
Maintenant, il faut trouver le bon équilibre entre croissance, qualité de visite et identité du salon. La prochaine édition est déjà annoncée pour avril 2027 à La Grande Motte.

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