Cannes Yachting Festival, Reed répond aux accusations d’Annette Roux

Entrée du Cannes Yachting Festival

A la veille de l’ouverture du Cannes Yachting Festival 2017, les tensions sont palpables au sujet de l’organisation du salon cannois. Annette Roux, présidente du salon, s’en prend à l’organisation, qui répond dans les colonnes de BoatIndustry.com

Lettre ouverte d’Annette Roux

Dimanche 10 septembre 2017, à deux jours de l’ouverture du Cannes Yachting Festival, Annette Roux, présidente du salon cannois, mais également ancienne présidente de la Fédération des Industries Nautiques et du groupe Bénéteau, a publié une lettre ouverte (voir le texte complet en fin d’article) dénonçant l’attitude de l’organisateur, Reed Exposition. Alors que le différend entre Reed Exposition et la FIN, portant sur l’organisation du Cannes Yachting Festival est actuellement devant les tribunaux, Annette Roux y établit un parallèle avec la situation rencontrée par la FIN il y a 40 ans avec l’ancien organisateur du salon nautique de Paris. Elle s’insurge surtout contre sa non-invitation à la soirée de gala qui se tiendra avec les exposants pour fêter les 40 ans de l’événement cannois. Elle y fustige "l’inélégance" de Reed Exposition et son "indifférence vis-à-vis des femmes et des hommes qui ont fait ce salon". Bien qu’elle n’ait plus de poste opérationnel à la FIN, cette déclaration n’est pas faite pour apaiser les relations entre celle-ci et Reed Expo.

Annette Roux

Réponse de Reed Expo

Contacté par BoatIndustry, Michel Filzi, président de Reed Exposition, a indiqué regretter la situation, tout en confirmant ne pas avoir invité Annette Roux : "Je pensais la guerre des communiqués révolus et je constate avec un immense regret qu’il n’en est rien. Hormis une tentative de déstabilisation, je ne comprends pas bien l’objectif d’une telle lettre à la veille de l’événement. Madame Roux mélange l’histoire du salon de Paris et celle de celui de Cannes. Il n’y a d’ailleurs aucune présidence statutaire, contrairement à son communiqué. Cette année, la présidence d’honneur a justement été donnée à Jacqueline Bourey, la fondatrice, avec pour objectif de faire le pont avec les 40 ans du Cannes Yachting Festival. De notre côté, nous nous concentrons sur l’ouverture du salon, en séparant totalement l’organisation de l’événement et le différend judiciaire avec la FIN.

Michel Filzi

Des bases pour le futur ?

Nous préférerons retenir, dans l’intérêt des professionnels du nautisme et en laissant de coté les conflits, la deuxième partie de cette phrase de la lettre ouverte d’Annette Roux, décrivant le passé pour prévoir le futur  : "Cette période fut violente : les exposants étaient sous influence, indisposés par des actions en justice, des communiqués des uns et des autres, mais cette crise va poser les bases du futur." La violence des propos est malheureusement déjà là, reste à poser les bases...

Texte intégral de la lettre ouverte d'Annette Roux

Décidément, l´histoire se répète !

Il y 40 ans on pouvait lire dans la revue industries nautiques : "... les nombreux problèmes relatifs aux rapports de la Fédération avec l’organisateur technique du salon (de Paris) … laissent l’impression à la profession qu’elle contrôle de moins en moins la manifestation, alors que paradoxalement elle en est la légitime propriétaire, ce que certains ignorent encore. On sait l’origine de ce malaise : la dénonciation du contrat liant la Fédération à son entrepreneur.... La Fédération, en manifestant l’intention de se retirer de ce contrat, a été sous la menace d’une politique de terre brûlée... ». [1]

Nous étions en 1976 / 77.

2017 est donc bien une année anniversaire !

La fédération professionnelle qu’est la FIN est née pour défendre les intérêts de ses membres et promouvoir le nautisme, d’abord dans les salons nautiques.

Car les salons nautiques sont dans notre métier « un mal nécessaire » pour des raisons que nous connaissons tous. Ne pas y être, c’est ne plus exister. Encore faut-il que leur coût reste abordable pour tous.

Pour atteindre ses objectifs, la profession, tout au moins pour Paris et Cannes, a fait appel dès l’origine à des organisateurs, prestataires de services.

Mais alors, pourquoi cette colère en 1977 du Président de la FIN, Michel Nivelt, l’amenant après accord de son Conseil à dénoncer le contrat de l’organisateur technique - la SPODEX - qu’elle avait elle-même choisi ? Parce qu’il avait constaté que SPODEX, dirigée par Jean Dayné, s’enrichissait au détriment de la profession.[2]

Cette période fut violente : les exposants étaient sous influence, indisposés par des actions en justice, des communiqués des uns et des autres, mais cette crise va poser les bases du futur.

Jean Dayné transfèrera à OIP, fondée par Jean-Pierre Jouët, ses fichiers clients, son expertise et sa principale collaboratrice Jacqueline Bourey.

Jean-Pierre Jouët aime avant tout la profession. Constructeur lui-même, puis fondateur et premier Président de la FIN, il partage la même ambition et les mêmes valeurs que la Fédération.

Perfectionniste et craignant qu’OIP ne puisse mener à bien nos deux salons, Paris et Cannes, il cèdera gracieusement l’organisation de ce dernier à Jacqueline Bourey, qui créera sa propre société, la SEPA.

La Fédération des Industries Nautiques aura alors deux grands professionnels pour développer ses salons. Mais le temps passant, ils devront « passer la main ».

OIP deviendra alors Reed-OIP, et SEPA, Reed-SEPA. Le lien personnel et de confiance que la FIN et les organisateurs de ses salons ont tissés se poursuivra jusqu’en 2016, date de sa rupture et de la naissance corrélative de la crise actuelle.

La société Reed qui organise cette année le Salon de Cannes a choisi d’inviter les exposants à une soirée de prestige pour commémorer le 40ème anniversaire du Salon.

Au motif qu’elle est en conflit avec la Fédération des Industries Nautiques, elle l’écarte de l’organisation de cet évènement et oublie tout simplement de me convier, alors que je demeure statutairement la seule Présidente de ce Salon.

Au-delà de l’inélégance, j’y vois l’expression d’une indifférence vis-à-vis des femmes et des hommes qui ont fait ce salon.

Commémorer c’est se rappeler sans faux semblants, en vérité et humblement.

Dans sa version actuelle le Salon est issu d’un échange fructueux entre le Maire de Cannes, Bernard Cornut-Gentille, et les dirigeants de la FIN, Michel Nivelt, son Président, Claude Deburaux, son vice-Président en charge du Salon de Cannes et Stéphane Flachon, Président de la Chambre Syndicale Méditerranéenne.

Le projet de la FIN était de créer un salon complémentaire de celui de Paris. Tandis que la ville apporte son soutien et prend en charge l’organisation technique du salon, la Fédération administre, préside et anime le salon, son comité d’admission et son comité d’organisation. C’est elle qui propose à la ville de prendre SPODEX comme commercialisateur.

C’est grâce à eux, à leurs successeurs et à leurs collaborateurs que l’on doit la réussite de ce salon. Outre Jacqueline Bourey, dont nous avons toujours souligné le professionnalisme, pour la ville il faut saluer l’action de Georges Charles Ladeveze et d’Anne-Marie Dupuy, Maires de Cannes, de Georges Dufour leur adjoint, de Jean Pierre Odéro, et plus récemment celle de Bernard Brochand et de David Lisnard, que j’avais le plaisir d’accueillir encore l’an dernier.

Pour la Fédération, je veux rappeler l’action de Claude Deburaux, poursuivie par Jacques Girardin, vice-Président de la FIN et Conseiller municipal de Cannes et délégué au nautisme. Je pense également à Michel Richard qui l’a inauguré six fois comme Président de la FIN, ainsi qu’à Tibor Sillinger et Nic Johansen, qui ont animé son Comité d’organisation, notamment à l’époque où j’étais moi-même Présidente de la FIN.

Nier aujourd’hui, comme le fait la société Reed, l’action décisive de tous ces dirigeants et responsables professionnels est non seulement une contrevérité, la marque d’une ignorance profonde de ce qu’est notre industrie, mais également une insulte au passé, au présent et au futur.

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