Interview / Bénéteau : "On passe de l'américanisation à la co-conception France / US des bateaux"

Christophe Lavigne, président des marques US du groupe Bénéteau

BoatIndustry a rencontré Christophe Lavigne, président des marques US du groupe Bénéteau. L'occasion de faire le point sur son parcours, ses projets pour Scarab, Glastron, Wellcraft et Four Winns, leur place dans le groupe et l'effet des taxes américaines.

Christophe Lavigne a pris le poste de président des marques américaines du groupe Bénéteau en octobre 2018. BoatIndustry a pu le rencontrer et lui poser quelques questions sur son parcours, l'actualité et le projet des marques Scarab, Glastron, Wellcraft et Four Winns.

Vous venez de prendre la tête des marques américaines du groupe Bénéteau. Pouvez-vous nous présenter votre parcours jusqu'à ces responsabilités ?

Je possède les trois nationalités Française, Canadienne et Américaine. Après mes études en France, je suis parti en coopération internationale pour Jeanneau au Québec au sein de Doral. Quand Jeanneau a connu des problèmes, je suis resté au Canada, assurant la direction produit. Puis en 2007, j'ai rejoint Four Winns. Après la faillite en 2008, j'ai aidé à la reconnexion avec le groupe Bénéteau. J'étais en charge des produits et du customer service.

Quel est désormais votre rôle au sein du groupe Bénéteau aux USA ?

Il n'y avait jusqu'à présent qu'un poste de président de Bénéteau US, en charge de tous les aspects, mais surtout commerciaux. Mon poste nouvellement créé de président des marques US correspond à une gestion plus industrielle. Je suis responsable du site de production de Cadillac, y compris de la fabrication des bateaux des marques françaises aux Etats-Unis. Le groupe emploie 625 personnes à Cadillac. C'est l'un des 5 plus gros acteurs aux USA.

Comment travaillez-vous avec le groupe Bénéteau en France et en Europe ?

On commence à travailler sur de la co-conception. On ne fait plus que de l'américanisation pour les parties normatives et d'électricité. On mélange les cultures. La conception US est efficace et souvent moins cher. Nous commençons à être impliqués dans la conception des bateaux français.

Pour la production, l'une des forces du groupe est sa capacité à produire en Europe. Le dossier de la construction des bateaux des marques américaines en Europe s'accélère et est prévue d'ici moins d'un an. C'est une volonté forte du groupe et d'Hervé Gastinel. C'est une stratégie à long terme, notamment pour les petits bateaux, plombés par les coûts de transport.

Y-a-t-il également une européanisation des bateaux américains ?

Cela a commencé depuis longtemps. Le groupe RecBoats avait une forte culture de l'exportation et un ancrage en Europe. Aujourd'hui, Wellcraft performe très fort, notamment en France et en Espagne, car la marque a été très bien comprise chez Jeanneau. C'est un peu plus compliqué pour Scarab, dont la croissance est plus faible. Nous avons donc repris la gestion en direct par les Etats-Unis. Les 3 autres marques restent distribuées via Jeanneau et Bénéteau.

Quelles sont vos mesures face aux tarifs douaniers US et aux représailles européennes ?

Depuis les représailles en juillet, nous avons aidé notre réseau avec des discounts. D'autre part, le sourcing à travers les différentes entités du groupe Bénéteau est un bon levier pour gérer les problématiques de taxes. On observe un report vers le hors-bord par rapport au sterndrive. La connotation haut de gamme est aussi paradoxalement un avantage pour Wellcraft par rapport à Boston Whaler.

Le portefeuille de marques US du groupe Bénéteau a-t-il vocation à s'agrandir ?

Avec Glastron, Scarab, Wellcraft et Four Winns, nous couvrons bien tous les marchés US. Nous avons une gamme jet, une offre de console centrale, une de cruiser et une de run-about. Il n'y a pas de nécessité d'expansion aujourd'hui, le reste du secteur étant couvert par nos marques françaises. Il y a plutôt des gains à faire sur nos lignes de produits. 2 M€ ont été investis sur Cadillac cette année pour réouvrir des lignes de construction de bateaux fermées il y a 10 ans lors de la crise.

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