Quels enjeux pour la Sellor ? Du Port à sec à la dépendance aux collectivités...

Manutention au port de plaisance de Lorient

A l'occasion d'une visite des ports de Lorient, nous avons pu évoquer avec Sylvain Morel, maître de port principal, les enjeux de développement de la Sellor et les conditions d'exploitation du port à sec et du Breizh Boat Club.

Rendre les ports de plaisance moins dépendants des collectivités

Comme de nombreux ports de plaisance français, les ports de Lorient et leur gestionnaire, la Sellor, société d'économie mixte fondée en 1988, dépendent fortement des collectivités locales pour leur financement, mais aussi dans leurs frais d'exploitation. La restriction des budgets publics obligent les gestionnaires à repenser leurs modèles économiques. Interrogé par BoatIndustry sur le modèle de la Compagnie des Ports du Morbihan qui a lancé Atout Ports pour s'exporter hors du département, Sylvain Morel, maître de port principal à Lorient La Base, confirme qu'il est nécessaire de trouver de nouvelles sources de financement, même si la relation avec les collectivités lorientaises est importante.

"Aujourd'hui, les collectivités sont toujours plus gourmandes sur les loyers des ports car les dotations de l'Etat baissent. Nous sommes fortement impactés. Si la redevance augmente de 20%, on ne peut pas augmenter la place de port de 20%. On doit anticiper cette hausse. Aujourd'hui notre chiffre d'affaires dépend des collectivités à plus de 80%. Pour pérenniser le chiffre d'affaires et les emplois, on doit aller trouver du chiffre d'affaires sur les marchés privés. Il faudrait que la partie liée aux collectivités ne dépasse pas 30%."

Objectif 70 membres pour le Breizh Boat Club

Parmi les premiers en France, le Breizh Boat Club, créé par la Sellor, propose une flotte de 6 bateaux, du semi-rigide au petit voilier en passant par la coque open, loués par le gestionnaire auprès des professionnels lorientais. C'était une nécessité qui trouve désormais son public, selon Sylvain Morel. "Il faut suivre l'évolution de la consommation de nos clients. On a actuellement 50 membres et l'objectif est de 70 l'an prochain. On va désormais proposer un bateau sans permis sur la partie canalisée du Blavet."

Un port à sec qui tourne à plein

Le port à sec automatisé, construit par la société normande ACG, a séduit de nombreux lorientais, plaisanciers aux usages réguliers, comme l'illustre Sylvain Morel. "L'usager type a une quarantaine d'années et sort à la journée. Il y a 80% de locaux. C'est un port de gens qui sortent beaucoup. Il y a 280 bateaux. On a fait 60 000 manutentions en 4 ans et 95 rien qu'en mars dernier."

Malgré un coût important, usagers et gestionnaire du port s'y retrouvent. "Le port à sec a représenté investissement de 2,8 M€ avec un amortissement sur 18 ans. Cela coûte 10% plus cher qu'une place à flot pour le plaisancier car le ratio de personnel est plus élevé. Mais il s'y retrouve sur l'entretien et aussi sur la revente car les bateaux vieillissent moins."

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