Groupe Bénéteau : Les annonces et les zones d'ombre de la nouvelle direction

Jérôme de Metz, PDG du groupe Bénéteau, lors de la conférence de presse du Cannes Yachting Festival 2019

Le nouveau PDG du groupe Bénéteau, Jérôme de Metz, a fait sa 1ère rentrée nautique au Cannes Yachting Festival. Quelques annonces et une communication maîtrisée cachent d'autres sujets laissés en suspens par le leader français de la plaisance et un sentiment d'attente dans l'entreprise.

Un nouveau profil de dirigeant pour le groupe Bénéteau

La conférence de presse du groupe Bénéteau ouvre traditionnellement le Cannes Yachting Festival et la saison des salons nautiques. L'édition 2019 a été l'occasion pour le nouveau PDG du leader français de la plaisance, Jérôme de Metz, nommé en juin 2019, de faire sa 1ère "rentrée nautique". Le contraste avec son prédécesseur, Hervé Gastinel, fût marquant. Tandis que celui-ci, loquace et flamboyant, était très présent et tendait à personnaliser sa fonction, Jérôme de Metz s'est contenté d'une courte introduction, laissant la main pour la suite des présentations à Gianguido Girotti, responsable de la stratégie produits Bateau et à ses responsables. Jérôme de Metz, habitué des conseils d'entreprise, n'est pas un spécialiste de la plaisance. "Accompagner les projets d'entreprise, c'est là mon expertise. Mon but est de fédérer les équipes." Il ne prononcera d'ailleurs qu'une seule fois le mot bateau au cours de son intervention auquel il préférera celui de produit.

Gianguido Girotti fut le réel animateur de la conférence de presse du groupe Bénéteau

Une communication industrielle maîtrisée

Au cours de la conférence de presse, les annonces industrielles et stratégiques sont repoussées. "Depuis 3 mois, une évaluation est en cours pour une ré-orientation éventuelle de la stratégie. Il n'y aura pas de présentation car cela n'est pas abouti." indique alors M. de Metz. Dans les interviews accordées par la suite, principalement à la presse économique, le nouveau PDG donne pourtant le ton, évoquant la stratégie de son prédécesseur. "Il a lancé beaucoup d'initiatives, dans le domaine du digital ou de la location par exemple, reconnaît Jérôme de Metz. Mais cette stratégie a été coûteuse et ses résultats ont été décevants. Il faut maintenant entrer dans une phase de rationalisation." explique-t-il aux Echos. Il indique également à nos confrères prévoir "d'autres transferts de production industrielle", comme celle déjà menée des monocoques CNB de Bordeaux à Monfalcone (Italie). Pour lui, 200 références (modèles de bateaux) et 17 marques, "c'est trop !"

Delphia, Bénéteau Boat Club, Band of Boats, des sujets en suspens

Malgré nos sollicitations, nous n'avons pu interroger le nouveau dirigeant sur plusieurs sujets qui restent en suspens. En 2018, les services aux plaisanciers, avaient été au cœur de la dernière conférence de presse d'Hervé Gastinel. Les logos Band of Boats ou Bénéteau Boat Club, pourtant présents sur les diapositives de présentation de la conférence de 2019, n'étaient plus comptés dans les 12 marques par Gianguido Girotti. EYB, l'activité de vente de bateaux d'occasion, a récemment été reprise au sein de Band of Boats. Quel est l'avenir de ces offres de service pour un constructeur de bateaux de plaisance qui veut "rationaliser" son fonctionnement ? Une externalisation ou une cession sont-elles envisagées ? Delphia a récemment cessé, en toute discrétion, sa production de voiliers. Quel est l'avenir de la marque polonaise ? Jérôme de Metz a récemment repris le contrôle direct de la filiale Bénéteau USA. Quel est le sens de cette reprise en main et son influence sur la stratégie extra-européenne du groupe ?

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Changement d'ère pour les employés du groupe Bénéteau

Derrière les marques, le groupe Bénéteau emploie plus de 8000 salariés dans le monde. Il continue à monter des plans de recrutement en production. Pour autant, le profil du gestionnaire en quête de rationalisation inquiète certains employés. La gestion des coûts pourrait mettre en péril des marques et des fonctions supports. "Certaines usines ou certaines marques étaient devenues des zones de non droit, des chapelles privées échappant à tout contrôle." témoignait le dirigeant aux Echos. Jérôme de Metz devra concilier guerre des coûts et paix des usines.

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