Coronavirus : quels impacts sur les approvisionnements de la filière nautique française ?

Magasin d'accastillage

La crise du coronavirus touche de nombreux pays et impacte les transports et l'industrie. Nous avons interrogé importateurs et distributeurs d'équipements pour le nautisme et la plaisance sur les conséquences existantes et à venir dans la filière.

Une saisonnalité du nautisme favorable

Si l'aspect saisonnier du marché de la plaisance est parfois une difficulté pour les entreprises du secteur, il pourrait s'avérer favorable dans le contexte de la crise du coronavirus. L'ouverture de la saison nautique et de la préparation des bateaux au printemps, impose aux importateurs et distributeurs de la filière d'anticiper l'approvisionnement dès la fin de l'année précédente. La majorité des expéditions avait donc quitté l'Asie avant l'explosion du coronavirus. "Pour un approvisionnement d'Asie, il faut compter 1,5 à 2 mois de mer. Avec une sortie catalogue en mars, les commandes sont passées en octobre ou novembre" témoigne Michaël Amoros, directeur général d'Intermer Accastillage Diffusion qui fonctionne avec une seule vague d'approvisionnement maritime annuelle et des dépannages aériens ponctuels. "On sécurise les stocks avec une 1ère vague d'approvisionnement avant le Nouvel An Chinois" confirme Benoit Massard Combe de VDM-Reya.

"Pour l'instant, les importateurs ont plus été touchés par la grève des dockers liée à la réforme des retraites et les conteneurs qui n'ont pas pu être débarqués, entraînant des retards", assure Xavier Dhennin, responsable commercial chez Navicom.

Gestion des stocks et alerte des fournisseurs de matériel nautique

Si les stocks sont anticipés pour la saison, il reste un impact potentiel. Un certain nombre de fournisseurs alertent sur les risques de rupture la chaîne de production. "Nos fournisseurs, notamment italiens, nous ont expliqué les mesures qu'ils mettaient en place pour maintenir l'activité. Certains nous poussent aussi à faire des stocks. On anticipe aussi le stock en fonction de ce que nous connaissons des composants de matériel et de leur provenance d'Asie par exemple. On sait que les boîtiers électroniques des motoristes, en provenance de Chine, pourront poser problème sur les chaînes de production en Europe ou aux Etats-Unis", illustre Benoit Massard-Combe.

Du côté des magasins d'accastillage et des chantiers, la situation est variable. "Avant on en parlait autour d'un café, aujourd'hui on alerte nos clients qui réfléchissent avant de commander sur les possibles risques de rupture de stock. Après, ils n'ont pas forcément la trésorerie pour stocker", témoigne Xavier Dhennin. "C'est trop frais dans l'actualité pour connaître la réaction. Les magasins Accastillage Diffusion peuvent consulter le stock central sur leur ERP et décider de leurs approvisionnements", confie Michaël Amoros.

D'autres comme Matt Chem avouent que cette épidémie fait leurs affaires. En effet, ils disposent d'un stock de Derming, du gel désinfectant hydro-alcoolisé pour les mains. Vue la pénurie actuelle dans les pharmacies, une commande sur deux concerne actuellement ce produit...

Les gilets de sauvetage dont les percuteurs sont généralement produits en Chine pourraient être impactés

Protéger les salariés et anticiper les risques financiers

Les principales mesures concrètes prises par les entreprises sont de limiter les déplacements de leurs employés. Les directions financières tentent d'évaluer les risques et de mettre en place les dispositions pour absorber au mieux la situation. Si l'on imagine les enjeux logistiques, il reste difficile de connaître le comportement des plaisanciers. "L'angoisse ambiante, si elle dure avec une situation qui empire, sera peut-être plus négative pour le nautisme qui n'est pas un domaine vital. Les gens préféreront stocker des pâtes que des gilets de sauvetage !", conclut Xavier Dhennin.

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