Fountaine Pajot : un exercice 2025-26 en retrait, mais des perspectives plus encourageantes

Des signes de stabilisation et une nouvelle offensive produits
Des signes de stabilisation et une nouvelle offensive produits © Maxime Leriche

Fountaine Pajot clôture son exercice 2025-2026 sur un chiffre d'affaires de 291,3 millions d'euros, en baisse de 9,9 %. Mais le recul des ventes s'atténue au second semestre, tandis que l'Amérique du Nord progresse de 43 %. Avec plusieurs nouveaux modèles et une stratégie de diversification, le constructeur prépare les prochaines étapes de son développement.

Un deuxième exercice consécutif de baisse des ventes

Le ralentissement du marché de la plaisance continue de peser sur l'activité de Fountaine Pajot. Pour son exercice clos le 31 août 2026, le groupe français annonce un chiffre d'affaires consolidé de 291,3 millions d'euros, contre 323,2 millions un an auparavant. Le recul atteint 9,9 %, soit une diminution de 31,9 millions d'euros.

Cette baisse fait suite à celle de 8,2 % enregistrée lors de l'exercice 2024-2025. En deux ans, le chiffre d'affaires du groupe est ainsi passé de 352 millions d'euros en 2023-2024 à 291,3 millions, soit une contraction cumulée d'environ 17 %.

L'évolution est néanmoins moins défavorable en fin d'exercice. Après une baisse de 12,8 % au premier semestre, les ventes ont reculé de 7,1 % au second. Fountaine Pajot y voit les premiers signes d'une stabilisation de la demande.

Cette amélioration relative ne constitue toutefois pas encore un retour à la croissance. Le groupe ne communique pas, à ce stade, d'indicateurs chiffrés sur les prises de commandes ni de prévisions de chiffre d'affaires pour 2026-2027.

L'Amérique du Nord progresse de 43 % et représente désormais 27 % des ventes

La répartition géographique de l'activité révèle des évolutions contrastées.

L'international représente toujours 85 % du chiffre d'affaires du groupe. L'Europe hors France conserve sa première place, avec 38 % des ventes, devant l'Amérique du Nord, qui atteint désormais 27 %.

Cette dernière région se distingue par une progression de 43 % sur l'exercice. Une croissance qui permet de compenser partiellement le ralentissement observé sur les autres marchés.

Les zones de grand export représentent 12 % de l'activité, les Caraïbes 7 % et la France 15 %.

Pour Fountaine Pajot, cette progression nord-américaine renforce l'importance de la diversification géographique. Elle souligne aussi le poids croissant de ce marché dans l'activité du constructeur, alors que la demande demeure plus hésitante dans plusieurs autres régions.

FP48, FP55, FP70 et Dufour 39 : un renouvellement accéléré des gammes

Face au repli des ventes, Fountaine Pajot poursuit son programme de développement de nouveaux modèles.

Les FP41 et FP44, ainsi que les Dufour 41, 44 et 54, ont contribué à l'activité de l'exercice écoulé, selon le groupe.

La rentrée nautique 2026 a marqué une nouvelle étape avec la présentation simultanée de trois catamarans, les FP48, FP55 et FP70, auxquels s'ajoute le Dufour 39 sur le segment des monocoques.

Cette multiplication des lancements vise à renouveler l'offre dans plusieurs catégories de taille et à soutenir le réseau commercial dans un marché devenu plus concurrentiel.

Fountaine Pajot indique que l'accueil réservé à ces nouveautés contribue à alimenter son carnet de commandes pour 2026-2027. Le constructeur ne précise toutefois ni le montant de ce carnet ni son évolution par rapport à l'exercice précédent.

L'effet de ces lancements sur le chiffre d'affaires dépendra donc de leur transformation en commandes fermes, puis du calendrier de production et de livraison.

Un catamaran de 120 pieds et une coentreprise pour la propulsion hybride

Au-delà du renouvellement de ses gammes de grande diffusion, le groupe prépare son entrée sur un segment de plus grande taille avec un projet de catamaran de 120 pieds.

Ce futur navire amiral, actuellement en conception, doit être officiellement lancé en 2028. Fountaine Pajot entend ainsi développer sa présence sur le marché des grands multicoques personnalisés, dont les exigences industrielles et commerciales diffèrent de celles de la production en série.

Le groupe poursuit parallèlement ses travaux sur l'électrification à travers E-Lektra, coentreprise détenue à parts égales avec le Groupe Beneteau.

Cette structure développe des systèmes de motorisation électrique hybride destinés aux voiliers monocoques et multicoques. L'enjeu est notamment de mutualiser les développements technologiques et industriels entre deux constructeurs confrontés aux mêmes problématiques de propulsion et de gestion de l'énergie à bord.

Aucun objectif de chiffre d'affaires ni calendrier détaillé de déploiement industriel d'E-Lektra n'est fourni dans cette publication.

Courtage international et implantation en Grèce : de nouveaux relais commerciaux

Fountaine Pajot élargit également son activité au-delà de la construction de bateaux neufs.

Avec Velite, le groupe lance une activité de courtage international consacrée aux bateaux d'occasion. Cette diversification doit lui permettre de s'appuyer sur son réseau et ses compétences techniques pour intervenir sur le marché de la seconde main.

Le constructeur annonce aussi la création d'une filiale de distribution en Grèce, destinée à renforcer sa présence auprès des propriétaires et des professionnels de la location.

Cette implantation directe peut notamment faciliter les relations avec les opérateurs locaux et donner au groupe une meilleure connaissance des besoins de ce marché.

Ces deux initiatives traduisent une volonté d'élargir les sources d'activité et de renforcer la relation commerciale avec les clients, au-delà de la seule vente de bateaux neufs. Leur contribution économique reste cependant à mesurer.

La rentabilité et le carnet de commandes attendus en décembre

Fountaine Pajot aborde son nouvel exercice avec une offre profondément renouvelée et une exposition accrue à plusieurs marchés internationaux.

Le ralentissement de la baisse des ventes au second semestre constitue un premier signal favorable. Mais les données publiées ne permettent pas encore de déterminer si cette évolution se traduira par une reprise durable de l'activité.

Les prochains résultats devront notamment permettre d'évaluer les conséquences du recul du chiffre d'affaires sur les marges et la rentabilité opérationnelle, dans un contexte de poursuite des investissements.

Le groupe publiera ses résultats annuels complets au cours de la semaine du 21 décembre 2026. Cette échéance apportera un éclairage supplémentaire sur sa situation financière et sa capacité à financer le renouvellement de ses gammes pendant cette phase d'ajustement du marché nautique.

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